Luv Resval – Tout s’en va

par Flora A

Après nous avoir pré­pa­ré durant ces deux longues années à la sor­tie d’un pre­mier album, ce jour-là arrive enfin. En effet, Luv resval, le petit pro­té­gé d’Alk­pote, n’a eu de cesse d’envoyer tue­ries sur tue­ries mon­trant à chaque fois un niveau plus éle­vé que la veille, pour n’en citer que quelques unes Cele­bra­tion feat Alk­poteCry­tal Lake feat Freeze Cor­leone696, Thor avec Did­di trixSmith et Wes­son et Kurt feat Zefor (13 Block). Son pre­mier album Etoile noire est prêt et pour en annon­cer sa sor­tie proche il envoie son nou­vel extrait clip­pé Tout s’en va, dans lequel il nous trans­porte loin de ce monde.

Avec le temps, va, tout s’en va, ça ne vous rap­pelle rien ? Un grand clas­sique de la chan­son fran­çaise de Léo Fer­ré, sauf que la c’est la ver­sion new wave par le jeune prince Sith. Avec une grande mélan­co­lie, il y mêle son flow et reprend les grands thèmes comme la fuite du temps « Marche vite ou la fau­cheuse rap­plique, dans la zone, j’m’applique, y’a le temps qui passe vite sur la montre, ah shit » ou encore la perte de l’être aimée « J’me suis réveillé, t’étais pas là / Demande pas si ça va, sur mon cœur, tu laisses des balafres ». Il rajoute sa touche avec des réfé­rences sombres comme celle de Shi­ni­ga­mi, la divi­ni­té de la mort selon la tra­di­tion japo­naise ou encore avec des détails tri­viaux « Y’a des clopes, de la tise (yeah), loin des cops, on navigue / ça consomme de la weed, là j’ai trop d’choses à dire ». Tout cela se fait sur une prod de Duane Char­ly (Naps, Zola, Alon­zo, Kemm­ler…) qui rend bien compte de l’atmosphère cos­mique de l’artiste.

Le clip réa­li­sé par Alexin­ho Mou­geolle uti­lise cette même ligne direc­trice en retrans­cri­vant un uni­vers fan­tas­tique, mer­veilleux. On capte alors des réfé­rences à Har­ry Pot­ter lors de séquences comme celle du train ou dans le tun­nel avec la force malé­fique qui fait pen­ser aux détra­queurs, on voit que le temps vire rapi­de­ment au cau­che­mar lorsque les vitres se gèlent ou que le ciel devient mena­çant. Sa tenue rap­pelle éga­le­ment le per­son­nage de Ber­serk avec le bras métal­lique et l’épée, bref vous l’avez com­pris Luv Resval est un enfant de la fan­ta­sy. Ce genre relève de l’imaginaire et le sur­na­tu­rel est accep­té sans que ce soit un phé­no­mène angoissant.

Une fois de plus, Luv Resval nous fait quit­ter terre en uti­li­sant des grands thèmes qui parlent à tous mais y mêlant un uni­vers fan­tas­tique. Il montre son agi­li­té dans l’écriture en pro­po­sant des cou­plets bien four­nis avec une prod » et un clip dans le même tra­cé que sa vision. En atten­dant Etoile noire dont le titre donne un indice sur la glo­ba­li­té du pro­jet, lais­sons nous empor­ter par sa sphère.

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