Il faudra encore un peu patienter avec la sortie de “Or Noir Part 3”. Il faut savoir que c’est avec son premier opus “Or Noir” produit tout entier par Therapy que le rappeur de Sevran a imposé la Trap Music en France. Quelques mois plus tard, une deuxième partie (réédition de l’album sortait dans les bacs). Il faudra attendre 5 ans pour que Kaaris ose dévoiler une troisième partie d’un album devenu classique du Rap français.

Entre “Or Noir Part 1” et “Or Noir Part 3” il y a un monde. La principal guest de Sofiane dans le projet 93 Empire s’est séparé de Therapy. Ensuite il a signé chez Def Jam France. Puis il a fait évoluer son style hésitant à écouter “le bruit de son arme” ou “le bruit de son âme”. Après la Trap obscure et énervée viennent des sons plus clubs comme “Tchoin” ou “Bling Bling” en collaboration avec Sofiane et Kalash Criminel. Le rappeur est plus ouvert. On imaginait qu’avec “Or Noir Part 3”, le rappeur revenait à ses classiques.

Le premier titre “Livraison” produit par un Double X au Top de sa forme ne nous a pas fait mentir. Paradant dans un Tank au quartier dans le clip, Kaaris rappelait le colosse qui avait fait trembler le Rap français avec l’Or Noir qui coule dans ses veines. Mais le deuxième extrait de son album intitulé “Débrouillard” comme un certain classique de Dems est loin d’être dans la même trempe.

Produit par l’incontournable Drama State et le jeune et génial Noxious, qui récidive après l’excellent WLG de Niska ou encore Maradona d’AM La Scampia et Lacrim, le titre, assez remuant, mêle des sonorités douces et entraînantes calibrées pour la piste de danse et les hitlovers. Kaaris suit la même évolution que la plupart des rappeurs hardcore comme Booba et Rohff en réservant quelques titres à son public Rap de base mais en ouvrant quelque peu sa musique.

Le clip produit par Cédric Cayla l’un des maîtres du genre met en scène Kaaris dans un décor plus que Bling Bling, montre au poignet, avec ses lascars sapés pour l’occasion. Là encore le contraste est flagrant avec le premier clip.

Entre Tank, sons de gangster, Hôtel de Luxe, et belles femmes, Kaaris trace sa route vers la troisième partie de son “Or Noir”.