Le titre de Médine tombe à point nommé. Hier, Kery James déclarait que le Rap tel qu’il l’avait connu était mort. Il est vrai qu’en 20 ans, le R.A.P est entré sur le terrain de la fête et a quitté peu à peu les sentiers de l’engagement artistique et politique. Avec « Le jour oú j’ai arrêté le Rap », l’artiste le plus décrié de la francophonie qui va de polémique en polémique pour ses positions tiers mondistes fait un état des lieux très violent de l’état du Rap en France

La production instrumentale du morceau composé par Johan Ratellin laisse la place à une base lunaire et hautement mélancolique. Medine place sa prose entre Trap et Rap avec une précision d’esthète. Les punchlines corrosives et pertinentes font partie du lot quotidien de ce rappeur un peu pessimiste mais toujours dans la réalité. Ce titre est le « Hardcore » du rap Français, un coup de gueule fabuleux qui vient rappeler aux rappeurs qu’avant de devenir de la musique de soirée, le rap était un cri du cœur, une façon de vivre et de penser, le pilier d’une culture extraordinaire, le mouvement hip hop.