Sniper, un des groupes les plus marquants du siècle précédent nous fait parler de lui encore aujourd’hui avec leur tout dernier album Personnalité suspecte, Vol 1. Malgré leur séparation annoncée récemment sur Instagram, les trois membres du groupe : Tunisiano, Aketo et Blacko reviennent pour nous faire part d’un message assez touchant et engagé.

Adama, titre assez évocateur car faisant un doux hommage à Adama Traoré mort à la suite d’un contrôle policier témoigne une volonté de rétablir la Justice dans un monde où la diversité est trop souvent signe de division, discrimination voire de racisme ce qu’on peut entendre dans : « Mes petites voix te parlent à l’oreille, dis qu’on a rien à faire ensemble . La bêtise de ton camarade, ta différence fait qu’il t’évite. Il te voit comme si t’es malade, voudrait te parler mais il hésite. À l’écart pour que tu t’isoles il essaye mais il échoue. Il voudrait te voir au sol et puis t’écorcher les genoux ».

Les nombreuses répétions « Adama » introduites dans à la fin du refrain nous font ressentir une certaine tristesse mêlée à la mélancolie pour un souhait d’une nature humaine capable d’épargner, de sauver et d’aimer son prochain. Ainsi, son prénom s’exprime comme une sonnette d’alarme que l’on pourrait peut-être encore détruire : « Je suis un enfant du monde, le ciel et la terre sont ma patrie. Si notre humanité sombre, c’est qu’il nous a divisé dans sa matrice, Adama, Adama, Adama ».

La diversité fait notre force. C’est le message qui semble finalement s’imposer dans ce morceau, en effet, la solution proposée par le groupe serait la diversité permettant de mettre un frein à toute suspicion d’autrui. Lorsque que Blacko dit « Mon enfant regarde la lune, petit prince regarde le soleil. Tous deux sont différents mais ton troisième œil te dira qu’ils sont bel et bien pareils » ; on peut d’ailleurs remarquer qu’au même moment la composition des images du clip devient différentes, sous un même corps plusieurs images se superposent, car finalement, c’est la différence qui apparaît comme symbole d’unicité.

Un autre regard sur l’autre, le début du clip propose un plan d’individus assez triste quand ils se trouvent seul à l’inverse de la fin du clip, car tous, enfin, sont rassemblés ce qui donne un sens optimiste et prometteur quant à l’Humanité.

« Qu’importe ton histoire, blanc, jaune, noir, tu es mon re-frè. Fait vivre l’espoir dans chaque cœur ».

Les Mots de Mels