lundi 1 juin 2020

Tiitof – Comme papa

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Loin du petit bonhomme à la mèche blonde, le rappeur Tiitof s’impose comme une des figures importante de la scène trap antillaise. Le 10 Avril, est sorti son album Tout à gagner dans lequel on pouvait retrouver l’excellent featuring avec Hornet La Frappe, Triste Mélodie ou encore son gros banger Toujours dans le bloc. Malgré une baisse considérable du stream due au confinement, lui qui n’avait rien à perdre mais tout à gagner, se fait une bonne place dans le game. Comme Papa est le dernier single qu’il a choisi de clipper et qui nous permet d’en savoir plus sur celui qui voudrait que les artistes antillais et des DOM-TOM soient reconnus à leur juste valeur.

Dans ce son produit par KatrinaSquad; ce groupe de beatmakers français qui ont collaborés notamment sur l’album JVLIVS de SCH ou avec des artistes comme Leto, PLK ou encore Isha, le rappeur Tiitof nous dévoile un son assez mélancolique, où il parle de lui, de ses inspirations, de ce à quoi il a renoncé. La réalisation du clip a été prise en charge par Chill / Jardins Noirs qui sont à l’origine du clip Autre part de DA Uzi ou encore Le Dire de DA Uzi & Maes, et ils arrivent parfaitement bien à rendre compte de cette ambiance introspective dans laquelle se trouve Tiitof. Durant tout le clip, il est complètement seul, il se retrouve dans plusieurs décors mais toujours seul au monde, que ce soit dans la nature, dans son jardin, ou même lorsqu’il tombe dans l’eau. Il se retrouve également dans le noir avec la caméra qui tourne autour de lui, cela donne un effet de remise en question accentué par le miroir que l’on aperçoit à la fin. Tiitof apporte quelque chose de différent, d’ailleurs même si les réalités sont parfois les mêmes, qui est marqué par son accent créole ou encore son aisance à passer de l’une à l’autre de ses langues. Au début du son il explique qu’il a « du mal à prendre sommeil« , ce qui est une expression uniquement utilisée par les antillais car elle correspond à la traduction littérale du créole pour dire dormir. Il a du mal à dormir car il a un poids sur ses épaules, en effet, il y a du monde derrière lui qui le soutient et à qui il a promis des choses « Promis à maman son palace / Faut rester solide comme papa / Mais faut tenir les promesses« . De plus, il ne peut pas se concentrer sur l’amour car il a ses objectifs à remplir. Il le dit lui-même, il avait de l’amour à vendre, mais l’univers compliqué dans lequel il évolue l’a poussé à s’en sortir par des moyens peu recommandables et a relégué l’amour en arrière plan de sa vie « An té ni lanmou à venn’/ Mais mond’la méchant/ Ayin pé kèy kon avant ». Seule sa mère lui importe, et même si sa mère ne peut pas écouter tout ses sons car il parle de sa vie de « gangster » au final elle est quand même fière de l’endroit où il est arrivé.

On comprend que sa mère puisse être fière car il fait son chemin doucement mais sûrement. On lui souhaite toujours plus de réussite et cela passera également par la scène. Il y a d’ailleurs une date de prévue à la Maroquinerie le 14 Octobre 2020 pour vivre cela en live, en attendant on peut continuer de réécouter l’album en boucle.