Dans le cadre de l’association Fu-Jo qui organise des événements dans des prisons, le rappeur du 91, Niska, a effectué une prestation en novembre dans une maison d’arrêt. Les lyrics du rappeur plutôt décomplexés à l’égard de la criminalité n’ont pas plu à tout le monde.

Un élu Rassemblement National, parti de Marine Le Pen, a vivement réagi à cette prestation alors qu’il a été alerté par un policier : Entendre une telle apologie de la criminalité – et notamment des règlements de compte par armes à feu – ou encore la haine de la police, les “fe-keu” désignant les keufs, les policiers, aussi considérés donc comme des “porcs” puis des “rats”, dans un concert organisé non seulement dans la prison mais avec la participation de la direction de la prison apparaît tout simplement incroyable, mais surtout inacceptable, dénonce le conseiller régional du Rassemblement national vent debout. S’il est tout à fait normal, et nécessaire, que des activités culturelles aient lieu au sein des prisons, on ne peut comprendre un tel laxisme dans la sélection.”

Philippe Vardon, anonyme au sein du Rassemblement National qui n’a jamais connu une grosse couverture médiatique a adressé un courrier au directeur de la maison pénitentiaire ainsi qu’une copie à la Garde des Sceaux.

Mouloud Mansouri, ancien détenu, et président de l’association Fu-Jo s’en est amusé :

Que Vardon se rassure, la musique de Niska résonne déjà dans les cellules de toutes les prisons. Les détenus n’ont pas attendu qu’on le fasse venir pour l’écouter. Et nous faisons attention à nos choix qui sont débattus avec les services pénitentiaires. J’ai fait dix ans de prison. Je n’ai jamais été influencé par un film ou de la musique. J’avais choisi ma vie. J’en ai choisi une autre aujourd’hui. Nous continuerons à travailler avec les maisons d’arrêt. La culture amène le détenu à faire autre chose…”.