« Banlieusards » sera sans doute l’évènement cinématographique de la rentrée. Écrit par le même Kery James, celui qui qualifiait récemment les États-Unis de « PDM » (pays de merde), il sortira étonnamment son film sur la géante plateforme américaine. Un canal de distribution qui surprend à première vue, mais que l’on comprend mieux dès qu’on prend connaissance du laborieux parcours qu’a connu le projet : muri par Kery James depuis plusieurs années, il s’est toujours heurté à la réticence de la grande famille du cinéma, qui ne lui a jamais accordé les financements nécessaires. Kery en a alors fait une pièce de théâtre. « À vif », s’est révélée être un franc succès, plusieurs fois reconduit, 163 représentations quasiment toutes à guichet fermé, et joué aussi bien au théâtre du Rond Point à Paris, qu’au centre culturel Sydney Bechet à Grigny. Une vitrine pour Kery James, qui a ainsi su convaincre Netflix de produire l’adaptation filmée (comme quoi, même s’il faut parfois « deux fois plus de courage, deux fois plus de rage, car y a deux fois plus d’obstacles », on peut finir par y arriver).

Quant au scénario, on y trouve abordés les sujets favoris de Kery : la banlieue, la volonté de s’en extraire ou la tentation de s’y enfoncer, et les études comme vecteur d’émancipation.

À ce titre, Banlieusards n’est pas sans rappeler Boyz N The Hood, film de John Singleton sorti en 1991 et qui narre l’histoire de trois amis d’un ghetto de Los Angeles vivant dans un quotidien rythmé par la drogue, les gangs et les interventions policières. L’un deux s’en sortira grâce aux études, tandis que les deux autres seront pris dans l’engrenage de la violence.

Dans le film de Kery, les trois protagonistes sont cette fois des frères : Demba, l’aîné, se trouve aux portes du grand banditisme ; Soulaymann, personnage principal et élève avocat, participe a un concours d’éloquence, à l’occasion duquel il sera amené à débattre de la question de la responsabilité de l’Etat dans la situation actuelle des banlieues (cf. le featuring avec de Kery James et Orelsan pour un début de réponse); et enfin le petit frère Noukoumé, 15 ans, à la croisée des chemins et qui devra choisir lequel de ses deux frères il décidera de suivre.

Fin du suspense le 12 octobre sur Netflix.