samedi 31 octobre 2020

Lacrim : « Si je revenais en arrière, peut-être que je le ferais pas » – L’Entretien

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À l’occasion de la sortie de R.I.P.R.O 4, on a reçu Lacrim pour un entretien grand format, qui nous a permis d’évoquer de nombreux sujets, de la conception de ce projet à sa vision de l’industrie, en passant par sa vie à Dubaï et bien d’autres choses. Et en parlant des attentes que pouvait avoir le public actuellement, et de leur manière de consommer la musique en général, El Tigre nous a fait part de certaines choses qui le dérangeaient.

« Il faut respecter les artistes » dit-il, proposant ici une analyse très intéressante et malheureusement trop réaliste d’une partie du public aujourd’hui, qui adopte des comportements complètement illogiques vis-à-vis des projets.

« Je me vois pas aller voir un peintre et lui dire j’ai envie que ta prochaine peinture elle soit comme ça ». Cet exemple illustre parfaitement ce qui se passe aujourd’hui avec une partie du public rap, et certaines personnes qui se permettent d’émettre des exigences quant à la direction artistique d’un projet. C’est là où Lacrim dit, et à juste titre, qu’il faut respecter les artistes, et arrêter de penser que ce sont des gens qui doivent s’adapter aux envies de l’un ou de l’autre. Un artiste, qu’il soit rappeur ou autre, est influencé par des éléments divers et variés qui le font évoluer constamment, et ainsi proposer de nouvelles choses.

Et pour ceux qui n’aiment pas quand des rappeurs changent et s’éloignent de ce qu’ils proposaient au début, en clamant partout que « c’était mieux avant », faites comme le suggérait Jay-Z : « Si vous voulez l’ancien moi, écoutez mes anciens albums ».

Et ce genre de choses et de comportements, ajouté à d’autres mauvais côtés de l’industrie et de la célébrité ont amené Lacrim à un certain dégoût, que l’on sent palpable à certains moments. À tel point qu’il nous le dit : « si j’avais le choix de faire de la musique ou pas si je revenais en arrière, peut être que je le ferais pas ».

Il s’explique, affirmant qu’il donne sa vie pour la musique, et qu’à côté de ça il a trop de mauvaises répercussions qui lui pourrissent la vie. C’est un constat plutôt vrai selon lequel aujourd’hui on a dépassé le cadre de la musique. Avec l’essor des réseaux sociaux, les fans sont de plus en plus présents dans la vie des artistes, une présence trop souvent intrusive, et ne s’intéressent plus seulement à l’œuvre mais davantage à ce que l’artiste fait de sa vie.

Heureusement Lacrim a trouvé des échappatoires face à ces soucis, comme la vie à Dubaï loin de tout ça, mais aussi et surtout le sport, avec une transformation physique impressionnante. Et heureusement pour nous aussi, parce qu’on a encore envie de l’entendre longtemps !

Découvrez l’intégralité de l’interview sur la chaîne Youtube Rapunchline !