Médine – Le rappeur est accusé par l’extrême droite et la droite radicale française de faire l’apologie de la violence et/ou du terrorisme. Ceux là lui reprochent d’avoir intitulé son album de 2005 “Jihad” et d’avoir écrit dans le provocant “Don’t Laïk” des paroles comme :  « Crucifions les laïcards comme à Golgotha ». Mais croire que Médine fait ici l’apologie de la violence est une immense erreur et surtout la preuve d’un profonde méconnaissance du contexte et de l’oeuvre de l’artiste, comme il l’explique parfaitement lui même :

“‘Don’t Laïk’ est précisément une caricature tendue aux fondamentalismes. Une caricature qui singe à la fois ceux qui font de la laïcité un outil d’exclusion, et à la fois ceux qui la subissent et l’expriment à travers une réaction d’hyper-identification de circonstance. M’attribuer l’apologie des concepts derrière ces termes comme ‘islamo-racaille’ est malhonnête et dangereux. Reprocheriez-vous à Brassens dans sa ‘Mauvaise Réputation’ d’être apologiste de ce qu’il s’attribue lui-même à travers la bouche des autres ?”

Médine a toujours fait de la provocation son cheval de bataille mais jamais gratuitement. Il toujours souhaité et fais en sorte d’éveiller les consciences et de créer puis nourrir le débat, déjà en 2005 l’album “Jihad” était sous-titré “Le plus grand combat est celui qu’on mène contre soi-même”. Une manière de se réapproprier un terme que les terroristes ont sali. Le rappeur déclarait à Libération en 2015 :

“J’use de symboles provocants pour mieux les déconstruire. Je ne vais pas marcher sur des œufs, ce serait de l’autocensure.”

Marine le Pen – La leader de l’extrême droite elle ne voit visiblement pas les choses du même œil. Ou peut être qu’elle préfère être aveugle à ce point de vue. Ou borgne. Quoi qu’il en soit, elle s’est fendu d’un tweet particulièrement virulent à l’encontre de Médine, suite au recours en justice attenté par les avocats de certaines familles de victimes des attentats du Bataclan afin d’interdire les deux dates de concerts de Médine suite à la polémique créée par la fachosphère.

 

Elle semble “oublier” que le rappeur s’est toujours placé dans une optique progressiste et pacifiste avec pour objectif affiché l’avancée vers un monde dans lequel chacun pourrait vivre sa religion ou sa non-religion en paix. Vous savez, la laïcité, la vraie.

Difficile d’ailleurs de traiter Médine de fondamentaliste en ayant seulement écouté une fois son dernier album ou même seulement le titre #Faisgafatwa qui y figure. Un titre profondément anti-extrémiste dans lequel il rappe notamment :

“J’crois que tu t’es pris les deux Nike Air dans le tapis d’prière / Viens pas recruter dans mon quartier c’est pas ta pépinière / T’as jamais mis le pied dans une classe et tu veux suivre les quatre écoles.”

Il semble bien qu’encore une fois, l’extrême droite et sa fachosphère tentent de faire d’un symbole d’unité, de tolérance, de liberté d’expression et d’ouverture d’esprit un objet de polémique et de division. Une affaire qui rappelle tristement l’interdiction du concert de Black M à Verdun, qu’ils avaient obtenue.

Et pourtant comme il le disait dans son morceau hommage à la salle en question “Tout ce que je voulais faire c’était le Bataclan”.

Mais “une salle qui brûle c’est une époque qui meurt”, espérons alors que l’époque de l’ouverture d’esprit et de la liberté d’expression survivent aux terribles épreuves infligées à la France par les attaques terroristes.

C’est en tout cas le souhait de certaines victimes des attentats dont Emmanuel Domenach, présent au Bataclan lors des événements du 13 novembre, qui a répondu en ces termes à Laurent Wauquiez, leader de la droite radicale française qui s’est lui aussi insurgé contre Médine, en ces termes :

 

Et à Marine Le Pen :

De même pour l’association Life For Paris qui a tenu à rappeler que :

 

Alors espérons que le concert de Médine ait lieu, que le rappeur puisse y délivrer un message de paix et que son public ainsi que tout le reste des français puissent se concentrer à nouveau sur les réelles problèmes du vivre-ensemble.

Et pour finir, “un gros smack aux SMAC de France qui n’ont pas cédé aux polémiques”.