Lorsqu’un journaliste du Parisien de lance dans « l’analyse » la culture urbaine, c’est peut-être là que tout le décalage entre le Rap et le mouvement hip-hop en général et les médias mainstream se fait le plus sentir.

Petit retour en arrière. Depuis le début des années 90′, la musique et la culture Hip Hop en général (DJ Set, Street Art, Danse) ont pris de plus en plus d’importance. Aujourd’hui, à la fin des années 10′, la musique urbaine “en général” est la musique la plus écoutée dans les pays européens et aux Etats Unis, terre mère du Hip-Hop. Un journaliste du Parisien a donc décidé d’analyser le langage des jeunes. Et c’est tout bonnement hilarant.

Origine du mot “Frère” selon Le Parisien… 

EXTRAIT DE L’ARTISTE DU PARISIEN : « C’est une manière de dire : Tu comptes pour moi et je peux compter sur toi. Une façon de montrer qu’il existe un vrai feeling entre nous. Mais ça peut aussi vite devenir un tic de langage comme genre », préviennent ces fils de bonne famille. Le plus étonnant, c’est que désormais les filles entre elles se donnent du « frère » plutôt que de la « sœur », comme s’il n’y avait plus de distinction de sexe”

 

Tout d’abord, il insiste sur le fait que les jeunes s’appellent “Frères” entre eux. Selon lui, ceci est très étonnant car ils n’ont aucun lien de parenté entre eux (!). Plus surprenant, il indique que ce tic de langage viendrait du Rap… C’est donc à cause du Rap que nous sommes tous frères.. Pourquoi pas ? Après tout !

La jeunesse selon “Le Parisien” :

Origine du mot “Gros” selon Le Parisien 

EXTRAIT DE L’ARTICLE DU PARISIEN : C’est une alternative à « frère », un synonyme qui, lui aussi, prend toujours plus de place dans les conversations d’ados. « Gro », souvent écrit « gros », boucle aussi les fins de phrase des jeunes. Ce mot, en réalité affectueux et respectueux, n’a, au départ, rien à voir avec l’embonpoint. C’est le diminutif du mot « négro », dénué, dans ce sens, de toute connotation raciste et injurieuse. Il est inspiré du terme anglais « nigger » ou « nigga », très populaire aux Etats-Unis au sein de la communauté afro-américaine. 

 

Plus grave, il revient sur l’étymologie du mot “Gros”. Tout le monde se rappelle que l’expression a été popularisée par le titre de 113Ouais Gros” extrait de “Les Princes de la Ville”. Selon ce journaliste, Gros viendrait de l’expression “Negro”… Là encore il y a une grosse erreur.

 

Selon Sofiane,  qui remet un peu les choses dans l’ordre, l’expression “Gros” vient de “Gros Bonnet”, une figure de style que par ailleurs le rap utilisé dans son titre “93 Empire” avec Kalash Criminel : “Tu es une grosse cagoule / Je suis un gros bonnet”.

Les journalistes n’ont rien compris aux jeunes, et encore moins à la culture urbaine.