Nous y voilà. Taciturne, le nouvel album de Dinos est disponible et avec lui 15 morceaux (sans compter les bonus). Présenté par lui-même comme idéal pour la “déprime hivernale“, l’album est dominé par une certaine tristesse, une mélancolie, magnifiquement exprimée à travers des textes toujours plus travaillés.

Choisir un morceau pour cet article aura été un peu difficile, et l’hésitation a été longue avec le titre On meurt bientôt, l’intro (géniale) de l’album. Finalement, le choix s’est porté sur la piste numéro 12, Quand les cailleras prient. Et : “quand les cailleras prient, il pleut au paradis“.

Ce son est la parfaite représentation de l’artiste qu’est devenu Dinos, depuis l’époque des Rap Contenders et de ses premiers projets. Déjà le choix de la prod, composée par Wav Maker, Kamil Osmanov et Twenty9, est parfait pour lui. Une mélodie au piano bien enrichie par quelques drums, sans qu’ils prennent trop de place, permettant ainsi de laisser de l’espace pour un texte riche.

Car c’est bien là que le rappeur de la Courneuve (93) excelle, et on s’en rend compte une nouvelle fois ici. Il place ses références, ses classiques : Lunatic, Piaf, Nubi ou Mac Tyer,  montrant une nouvelle fois que c’est un enfant du rap, et qu’il respecte énormément cette discipline. Avec un flow toujours impeccable, il montre également toutes ses qualités d’écriture avec des punchlines puissantes et imagées : “courir comme un noir pour vivre comme un blanc” ou “il m’a fallu des chaînes en or pour comprendre que j’suis esclave du temps“.

Il décrit habilement le quotidien du quartier avec la Courneuve, mais aussi la réalité souvent difficile lié à son continent d’origine : “et j’bombe le torse, j’aurai pas d’héritage à part une maison à Douala qu’mes oncles voudront me prendre de force“.

Enfin, l’une des choses les plus importantes pour réussir ce genre de morceau (voire d’album) c’est sans doute le ton employé. Quand Dinos rappe Taciturne et tous les morceaux qui sont dessus, on sent qu’il ressent ce qu’il raconte, on sent la tristesse et la pudeur dans sa voix, ce qui rajoute une portée plus importante à chacun de ses mots. Il insiste toujours au bon moment, sur la bonne syllabe, le bon mot qui va venir appuyer les propos, et c’est là tout le propre d’un grand rappeur.

Même si l’on s’est intéressés plus longuement à ce morceau, il s’inscrit dans un projet à écouter de bout en bout pour en comprendre le sens, et en apprécier la richesse. Et si vous deviez retenir une chose ici sachez que quand les cailleras prient, il pleut au paradis.