Et si « La fête est finie » était le point d’orgue de la carrière d’Orelsan ? Ce n’est pas seulement parce que son album a été certifié disque de diamant au mois de Juin. Ce n’est pas non plus parce que il a remporté plusieurs récompenses aux Victoires de la Musique pour cet opus. C’est d’abord pour le fond de son discours. Dans « la fête est finie », Orelsan relate les désillusions d’un trentenaire désabusé. Mais ce qui est le plus révélateur de l’évolution du rappeurs c’est sa position vis à vis des femmes. Ses premiers pas dans la féminité ont été difficile. Avec le titre « Pour le Pire » extrait de son opus « Perdu d’avance », Monsieur (San en Japonais) donne une version très cynique du « mec » en couple. Au programme, michtonnerie et tromperie, Orelsan est loin d’être le gendre idéal. Plus tard, dans « Plus Rien ne m’étonne » extrait du « Chant des sirènes », le Roi Orel joue encore de cynisme pour décrire une jeunesse qui ne vit que par et pour les réseaux sociaux, que pour l’apparence en fait. Sans jamais se démarquer, sans jamais dire qu’il en fait pas partie, Orelsan fait partie d’une jeunesse qui est « perdu d’avance ». Que dire du titre « S*.* P*.* » qu’il a chanté devant le public, et qui lui valut les foudres de certaines associations féministes jusqu’à aujourd’hui.
Physiquement tu m’attires pas plus que ca
Mais j’taperais dans n’importe quoi –Pour le pire / Orelsan
Mais dans « La fête est finie » le ton a changé. Toujours interprète de la jeunesse française à la Gregg Araki, Orel doute, il se fait plus vieux. Sans jamais perdre de vue qu’il reste aussi cynique dans son propos, il se demande aujourd’hui s’il a bien fait. Et son titre « Notes pour Plus Tard » réalisé en featuring avec Ibeyi est encore une preuve de son changement de cap.
Les p’tits vont en cours Guccisé, Louis Vuittonisé
Bientôt y’aura des carrés VIP dans les lycées
Nos scoots étaient débridés maintenant c’est leur sexualité
Ça me choquerait pas si Marc Dorcel rachetait Walt Disney !
Plus rien ne m’étonne – Orelsan
Cela fait huit ans qu‘Orelsan partage la vie de sa conjointe, et il envisage aujourd’hui de fonder une famille avec elle. C’est pour elle qu’il a écrit le titre « Paradis » extrait de « La fête est finie » dont le clip vient d’être dévoilé aujourd’hui. « Paradis », à la différence d’une grande partie de l’oeuvre d‘Orelsan sur la femme, est une véritable déclaration d’amour.
« Ils disent que, pour tenir un couple, faut l’entretenir tous les jours
Ces connards n’y connaissent rien en amour
Comme si j’devais faire un effort pour t’écouter, comme si j’avais déjà douté
J’aimerais tes défauts si jamais j’arrive à en trouver »Orelsan – Paradis
Première surprise, c’est Golshifteh Farahani qui joue la femme d’Orelsan dans le clip. L’actrice d’origine iranienne, qui depuis est installée en France, a joué pour les plus grands réalisateurs étrangers dont le très subversif Jim Jarmush. Elle a également joué aux côtés de Leonardo Di Caprio dans « Mensonges d’Etat ». C’est ce qui a fait décoller sa carrière. Depuis elle est interdite de territoire en Iran.
Orelsan a toujours eu un goût prononcé pour le manga. Le synopsis de ce clip à moitié animé a été réalisé par Keiichi Koike qui a réalisé le manga Ultra Heaven. Ce clip extraordinaire est un véritable voyage dans l’amour d‘Orelsan.
Peut être que finalement la première qualité du rappeur c’est d’avoir été toujours sincère dans le cynisme ou dans l’amour.
