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Booba – Nemesis

C’est l’heure de vérité. Booba dévoile son douzième album solo avec « Blanco Nemesis ». Si « Nero Nemesis », sorti par surprise en 2015, ressemblait à un projet de transition particulièrement orienté rap, « Blanco Nemesis » explore un spectre beaucoup plus large. Annoncé plusieurs mois à l’avance par le Duc lui-même, qui s’est amusé à entretenir certaines rumeurs autour du projet, l’album affiche une identité moins sombre que son prédécesseur. Fidèle à ses habitudes, Booba y multiplie les expérimentations sonores et s’entoure de quatre invités : Huntrill, Matra, Chaax et Aïshé.

Booba assume pleinement son utilisation de l’intelligence artificielle

Invité de l’émission « Carré D’As » aux côtés notamment de Lino et Oxmo Puccino, Booba a évoqué sans détour son utilisation de l’intelligence artificielle dans le processus de création du morceau « Seychelles », extrait de « Blanco Nemesis ». Là où de nombreux artistes préfèrent rester discrets sur le sujet, le rappeur revendique l’usage de cette technologie qu’il considère avant tout comme un outil de travail.

Pour lui, l’intelligence artificielle ne remplace pas l’artiste mais lui permet d’explorer de nouvelles pistes créatives :

« Ce n’est pas l’IA qui te fait tout. L’IA peut te faire une base, comme un humain peut te proposer une topline. »

Fidèle à son sens de la provocation, il a également glissé une pique à destination de certains détracteurs :

« T’es comme les gens qui ont refusé Pro Tools et qui sont aujourd’hui au chômage. »

Une prise de position qui rappelle fortement les débats qui entouraient l’arrivée de l’Auto-Tune dans le rap français à la fin des années 2000.

De l’Auto-Tune à l’IA : un parallèle assumé

Lors de la sortie de « 0.9 » en 2008, Booba surprend une grande partie du public avec une utilisation intensive de l’Auto-Tune. À l’époque, une partie importante du rap français critique ouvertement cette évolution esthétique. Pourtant, quelques années plus tard, l’effet deviendra omniprésent dans les productions hexagonales.

Le rappeur s’en amusait déjà sur le morceau « Trône » :

« Depuis 0.9, ils critiquaient mais ont tous saigné l’Auto-Tune. »

Pour beaucoup d’observateurs, les débats actuels autour de l’intelligence artificielle rappellent précisément ceux qui ont accompagné l’arrivée de l’Auto-Tune, des stations audionumériques ou encore des plateformes de streaming. Ce qui est aujourd’hui considéré comme une rupture pourrait rapidement devenir un standard de l’industrie.

Quelques semaines seulement après que Skyrock a diffusé un artiste virtuel conçu à l’aide de l’intelligence artificielle, déclenchant de nombreuses réactions dans le milieu, Booba poursuit sa propre exploration de cette technologie.

Le clip de « Nemesis » plonge dans un univers entièrement généré par IA

Pour accompagner la sortie de « Blanco Nemesis », Booba a dévoilé le visuel de « Nemesis », un clip intégralement conçu à l’aide de l’intelligence artificielle. Le morceau repose sur une production signée Baille Broliker, compositeur tunisien ayant déjà collaboré avec plusieurs poids lourds du rap francophone.

On lui doit notamment « Zer » pour Booba, extrait de « Nero Nemesis », mais aussi « Mira » pour PNL, « GoodKat » pour Niro ou encore « Weed » de Maes, extrait de « Pure ».

« Nemesis » figure parmi les morceaux les plus sombres du projet. Sur cette production atmosphérique, Booba déploie un imaginaire guerrier omniprésent. Entre règlements de comptes, menaces voilées et références à ses conflits passés, le Duc reste fidèle à l’une de ses spécialités : transformer ses rivalités en matière première artistique.

« Ra-ra-rafale en plein jour, dans ton salon comme chez Quarteron
Je me roule un becquet, je le fume jusqu’au carton
Rendez-vous dans dix ans (belek)
P’tite partie d’poker chez Patrick Bruel (belek)
Le frère de Angèle (belek) est un agresseur sexuel »

Visuellement, le clip évoque par moments l’esthétique monumentale de « Dune ». Réalisée par Zoel Aeschbacher, la vidéo impressionne surtout par sa qualité de production. Là où de nombreuses créations générées par intelligence artificielle conservent encore des défauts ou une signature visuelle facilement identifiable, « Nemesis » brouille les pistes et se rapproche des standards d’une production traditionnelle.

Le réalisateur suisse poursuit ainsi une trajectoire remarquée. On lui doit récemment le clip « Mauvais Esprit » de Skow, mais également plusieurs campagnes publicitaires internationales, notamment pour la maison de luxe Zegna.

ZeZ XXI
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@zez_xxi
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