Jul sort encore un nouvel album le 15 mai prochain. RAS sous le soleil de Marseille : au rythme de deux projets par an, auxquels s’ajoutent quelques projets collectifs, Jul est devenu en l’espace de quelques années l’artiste le plus prolifique du rap français. Ses ventes sur l’ensemble de sa carrière ont dépassé celles d’IAM et de MC Solaar. Certes, le rap a changé, mais personne ne s’attendait au sacre de Jul. À ses débuts, Akhenaton, de passage chez Kombini, avait critiqué son usage de l’autotune. Quelques années plus tard, il réalisera pourtant un featuring avec lui sur 13’Organisé, autour d’un titre samplé sur le grand classique « Marseille la nuit ». La condition d’Akhenaton et de Shurik’n : un morceau sans vocoder.
Jul a inventé un style qui s’exporte aujourd’hui partout en Europe. Le public apprécie aussi sa simplicité et sa modestie. Inutile de chercher des vixens dénudées, des calibres ou des grosses cylindrées dans les visuels de Jul. L’artiste, dans la vie comme dans le rap, partage ses impressions avec sincérité, sans jamais sombrer dans l’exhibitionnisme de puissance ou de richesse. Même si la vieille garde du rap a toujours du mal avec le vocoder, Jul s’est installé sur le toit du rap français grâce à sa bonne humeur et sans transformer sa vie en égotrip permanent.
Jul parle des « Parasites » !
La composition instrumentale du titre est signée ProvoKind, Arian (FRA) et ElMiR. ProvoKind et Arian collaborent régulièrement avec Jul. Ils ont notamment produit les titres « Wouaw », « 2 coups d’avance » ou encore « Ma Puce ». ElMiR a notamment composé le titre « Après l’apéro ». La production est du 100 % Jul. L’artiste marseillais, qui sait aussi rapper quand il le faut, livre ici un morceau solaire et bon esprit, dans le style qui l’a fait connaître. Comme à l’accoutumée, il s’exprime avec beaucoup de subjectivité sur son état mental :
« J’fais des fautes, nique sa mère l’dico, on a galéré demande à Tchyco »
Sans doute évoque-t-il ici la faute d’orthographe qu’on lui reproche encore sur le titre de l’album « Je trouve pas le sommeil », où il n’avait pas utilisé la négation. Mais Jul, c’est avant tout un état d’esprit, pas un discours d’académicien.
« À cause des jaloux, j’ai vendu ma gari, changé de look, j’ai changé de vie
J’ai changé mon train-train dans la zone parce que les gens, ici, ils t’envient »
Le visuel en dessin animé a été mis en scène par William Thomas. Cela fait déjà longtemps que le réalisateur officie dans le rap game, aussi bien chez les indépendants que chez les artistes confirmés. Dernièrement, il a notamment réalisé « Fiak » de Kerchak ou encore « Adriano » de Niska.
