Figures emblématiques du rap des années 2000, Rohff, Booba et La Fouine continuent de marquer l’actualité, loin de toute idée de retrait. Tandis que Fouiny relance sa série avec le troisième volet de « Capitale du crime Radio », Booba prépare activement « Blanco Nemesis ». De son côté, Rohff revient avec « Demontada », un nouvel hymne dédié au Paris Saint-Germain. Le titre fait directement écho à la célèbre « remontada » subie par le PSG face au FC Barcelone en Ligue des champions, à une époque où Luis Enrique officiait encore sur le banc catalan.
Ce n’est pas la première fois que Rohff rend hommage au club parisien. En 2008, il dévoilait déjà « Paris », extrait de « Le Code de l’horreur », marqué par une punchline devenue culte : « On supportera le PSG même relégué ». Deux décennies plus tard, les ambitions ont changé : le PSG vise désormais une nouvelle Ligue des champions, fort d’une domination nationale installée.
En 2024, Rohff signe son retour avec le projet « Fitna ». Sans communication officielle sur ses performances commerciales, l’album affiche néanmoins des résultats solides pour un artiste fort de plus de 25 ans de carrière, avec environ 30 000 ventes selon certaines estimations. Le projet se conclut sur « Fitna », un morceau dense et politiquement « engagé », dans la lignée de son classique « Regretté ». L’artiste participe également à « Mon école 2 » de Kofs, un projet hommage aux figures qui ont façonné l’identité musicale du rappeur marseillais.
Rohff accompagne désormais la sortie de « Demontada » d’un visuel marquant, renforçant son lien avec le Paris Saint-Germain. À noter que Booba, son rival historique, s’était lui aussi prêté à l’exercice en composant un hymne pour le club parisien.
Rohff prépare la « Demontada » !
La production du morceau est réalisée en interne et créditée à Legend Alive, le label sur lequel Rohff a publié des projets tels que « Surnaturel », « Grand Monsieur » et « Fitna ». Le titre « Pop Corn », sorti récemment, s’inscrit également dans cette dynamique. L’instrumentale, à la fois dense et percutante, renvoie aux standards sur lesquels le rappeur de Vitry-sur-Seine excelle, laissant place à un enchaînement de punchlines incisives et d’egotrip assumé :
« Très peu d’amis, beaucoup de frères ennemis, on s’entend plus comme rap et RnB
J’ai fait mon trou, j’urine, j’ai fait un puits, pour ceux qui bougent pas, pour ceux qui ont fui »
Surnommé le « cauchemar du rap français », Rohff n’a jamais caché sa distance avec le R’n’B. Il l’affirmait déjà dans « On fait les choses » à la fin des années 90 : « La vague R’n’B, je la ferais mieux chanter dans sa chambre ».
« On se souvient que des vainqueurs, on retiendra les vainqueurs, ça respecte
Ça signe que des bandeurs, j’attends pas qu’on me donne l’heure d’une fausse Patek »
Réalisé par Rohff lui-même en collaboration avec NoColor, le clip s’inscrit dans la continuité esthétique de ses précédents visuels. La structure de production s’est déjà illustrée à plusieurs reprises dans le paysage rap français. Tourné à Sarcelles, sur les terres du Secteur Ä, le visuel capture une atmosphère survoltée, proche de celle d’un kop de supporters. NoColor avait déjà signé « Pop Corn », mais aussi « Tsunami » de Favé et Timar, ainsi que « Zombie m’appelle » de Leto et La Mano 1.9.
