C’est une petite révolution dont Yasmine n’est pas seulement le meilleur vecteur, mais peut-être le paroxysme. Quelques semaines après la sortie de son premier single officiel, la chanteuse belge a explosé ses chiffres de streaming avec plus de 100 000 écoutes, et elle est jouée en playlist sur Générations FM et Tarmac. Mais d’où vient cette révélation ? Avant de dévoiler son premier single officiel, Yasmine a préparé sa communauté en sortant un titre par mois, et elle a assuré la première partie de Danyl. Certains buzzent grâce à une stratégie de communication efficace, mais pour Yasmine, ce n’est pas le cas : elle ne doit pas tout à sa communication.
Dans les années 80, et au début des années 90, la chanson française et la chanson canadienne, portées par un style commun, entretenaient des relations fraternelles. Avec la montée en puissance des musiques urbaines, les échanges se sont de plus en plus orientés vers l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. Nos artistes francophones rencontrent un énorme succès en Afrique, et de plus en plus d’artistes africains acquièrent une notoriété en France, comme TIF, ElGrandeToto ou Himra, pour ne citer qu’eux. D’autres artistes empruntent, depuis les débuts du rap, comme Freeman avec « Bladi », ou plus récemment Rim’K avec TIF et Sofiane Pamart, à la culture orientale dans leurs titres. Dans une moindre mesure, MHD, Aya Nakamura et Dadju ont également contribué à ce rapprochement culturel.
Dans cette perspective, Yasmine, dont le titre « Ma mère c’est mon père » est irrigué par la culture orientale, notamment dans le choix des instruments qui composent sa production, apparaît comme le paroxysme d’un mouvement amorcé il y a longtemps. Des artistes comme Nej ou Lartiste, qui font le lien entre le Maghreb et la France, en sont aussi une preuve supplémentaire.
Avec son titre « Ma mère c’est mon père », Yasmine concrétise ce mouvement.
Pour Yasmine, « Ma mère c’est mon père » !
La composition instrumentale du titre est signée Nico Saint P. Le compositeur a déjà collaboré avec Yasmine sur son titre « Le Passé ». Il utilise des percussions de derbouka et du ney pour créer un morceau aux accents orientaux. Si le titre rend hommage à sa génitrice, le morceau de Yasmine, légèrement égotrip, évoque surtout son fighting spirit et permet de l’introduire. C’est une véritable carte de visite musicale où elle se raconte et se présente :
« Pur sang arabe, j’mets la selle
Séquentiel, j’passe les vitesses
J’me d’mande c’est quand mon heure au ciel
Font d’leur vie une mise en scène »
Dans le visuel signé DCR Prod, elle danse entourée de chanteuses vêtues du maillot de la sélection officielle du Maroc. DCR Prod est une agence audiovisuelle belge qui a notamment collaboré avec Fresh et qui a récemment réalisé le dernier visuel de RA2B. Les équipes de DCR Prod avaient également réalisé le court métrage de « P13, si j’avais », un témoignage poignant et polémique écrit par ZEZ XXI.
