jeudi 1 octobre 2020

Lous and The Yakuza feat Hamza – Laisse moi

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Les bras levé vers le ciel, c’est le symbole qu’arbore Lous and The Yakuza sur son front et montre la direction de ce lieu où elle trouve la vérité, il est dans le ciel mais également au centre d’elle-même. Cette artiste qu’on ne pourrait se risquer à cantonner à une case arrive de manière brutale dans le game avec la ferme intention de le niquer. Pour se faire, elle est accompagnée sur son dernier single Laisse moi de Hamza parce que si on «(…) Appelle Sauce God, (…)» [et si on] « (…)appelle Lous, ça fait un classique ».

Les Yakuza de Lous désignent l’équipe avec laquelle elle travaille et qui l’aident à rendre compte de cet univers, ce sont par exemple Prinzly et El Guincho à la production. El Guincho a été choisi comme une évidence suite à son travail avec Rosalia qui mêlait flamenco et hip-hop, le fait du mélange des genres est un élément indispensable pour celle qui se donne l’opportunité de naviguer entre différentes influences. Prinzly apporte cette touche plus trap pour celui qui a déjà collaboré avec Hamza, Damso, Disiz la Peste ou encore Niro. Il y a un effet un peu brouillé sur le refrain, le disque paraît même rayé, on retrouve cet effet sur le visuel du single qui reprend son symbole sauf qu’on ne fait que le deviner car il n’est pas clair. On voit les traces du signal crypté et qui peut correspondre au sentiment de confusion qu’elle ressent. En effet, Lous nous parle du manque de l’autre « Laisse-moi m’affaler dans tes bras, j’veux m’écrouler / Car y a nulle part ailleurs où j’aimerais m’reposer »,  alors qu’il met de la distance « Tu m’as dit : « Pense pas trop à moi » et j’fais des efforts ». Elle sait qu’elle n’est pas la seule pour lui et est même prête à s’en accommoder tellement elle se sent délaissée « Je sais que t’es avec elle et que tu la trouves belle / Mais peut-être qu’à trois dans ton lit, on s’ra tout aussi bien ». Hamza de son côté la laisse dans cette confusion face à cette relation qui ne fonctionne pas vraiment, il ne lui parle que de choses superficielles et ne répond pas vraiment à sa demande « T’auras des Lou, des Chanel et ça, c’est ma façon à moi de dire « je t’aime » ».  C’est une très bonne connexion de deux artistes belges à laquelle on ne s’attendait pas.

La couleur de peau de Lous ou le fait qu’elle soit une femme sont fatalement des freins qu’elle transforme en empowerment dans une visée égalitaire. Politiquement il est important de se tenir à ses côtés dans ses combats, tout comme cela l’est artistiquement quand on voit la qualité de ce qu’elle propose, elle emmène tout un univers, un décor et nous le transmet avec une incroyable sincérité. On pourra retrouver le projet Gore à venir en Octobre avec les excellents titres Dilemme, single de platine en Italie, ainsi que Solo, Tout est gore et Bon acteur.