Youssoupha occupe une place tout à fait particulière dans ce Rap. Le Prim’s Parolier est un artiste engagé et “Y’a que les connards qui vont croire que c’est du rap conscient” (EntourageYoussoupha). Le Fils de Tabu Ley (“Le Père de Youssoupha”Polaroïd Experience) a combattu Eric Zemmour, le chroniqueur qui prétend que le “Rap est une sous culture d’analphabètes” en “mettant un billet sur la tête de celui qui (le) fera taire” (A Force de le Dire) jusqu’aux travées du tribunal où il est condamné pour “Menace De Mort“. Youssoupha l’a bien compris il y a “une révolution (En France), cette fois-ci elle est de droite” (IAMLa Fin du Monde).

Sur la forme même si Bakary Potter chambre Kery James sur ce point, son compère de La Ligue (celle des artistes engagés extraordinaires) dans le titre “Contre Nous“, lui aussi mêle différentes influences à son ADN rap qu’il traîne depuis le temps de “Sur les chemins du retour“. Depuis son titre Dub Step caustique comme jamais, son “La Vie est Belle“, jusqu’à des sonorités et des rythmiques proches de la musique Afro. Youssoupha est le meilleur exemple de la richesse musicale d’un rap français qui est devenu la véritable “Chanson Française“. Et pour ce qui est de l’illettrisme tant décrié par des chroniqueurs zélés et hystériques, il répond à la sentence avec son verbe tranchant, et sa poésie urbaine.

Quelques mois après la sortie de l’extraordinaire “Polaroïd Experience” conceptualisé par le mentor de Chilla dans une série de “cassettes“, Youssoupha dévoile “Dans la Ville“, un nouveau titre. Composé par l’interprète de “L’Effet Papillon” en personne, le titre se rapproche des formats radiophoniques que le rappeur de Kinshasa a l’habitude de dévoiler de temps à autres comme “On se connaît” et “Dreamin“. Avec une cover assombrie qui rappelle peut être la façade d’un café Rue de la Roquette qui brille dans la nuit,

Youssoupha délaisse ses habits de poète engagé qui pense que “ça ne fait pas un homme d’avoir de l’argent” (YoussouphaL’argent) pour une ballade de nuit dans les rues de Paris. Une mélodie nocturne qui vient nous faire oublier que pendant ce temps la France bleu blanc rouge ou black blanc beur n’a jamais autant brûlé.