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disiz – ton ventre

C’est un monument du rap français qui vient de dévoiler son nouveau single. L’histoire de Disiz (La Peste) commence avec un storytelling enivrant dans “J’pète les plombs”. Ce morceau s’inspire d’ailleurs du film “Falling Down” avec Michael Douglas, sorti à la même époque. L’artiste aime incarner des rôles dans ses titres ; il se glisse dans la peau de ses personnages, comme il l’évoque dans le magazine Grabuge : « David Bowie ou Lady Gaga, ce sont des rôles à temps plein. Moi, je joue occasionnellement des personnages ici et là. Par exemple, J’pète les plombs, c’est un personnage qui parle, et je grossis le trait. »

Le rappeur est toujours en activité, et toujours aussi créatif. Après sa trilogie LucideLucide, Extra-Lucide, Trans-Lucide — il sort un album plus calme, Pacifique, jugé trop doux par les aficionados du Disiz rappeur. Il revient ensuite plus brutal, en mode Disizilla. L’artiste est peut-être l’un des derniers rappeurs encore actifs à proposer des concepts solides dans ses projets, en livrant des albums cohérents, à l’ancienne. Son dernier projet en date, L’Amour, a été certifié disque d’or. Et il porte bien son nom.

Disiz fait donc son retour avec “Ton ventre”, un titre hommage à sa mère, mais aussi à son amour… dans un parallèle aux accents œdipiens. Le morceau en hommage à la mère est un exercice auquel de nombreux rappeurs se sont prêtés : de 2Pac et son Dear Mama dédié à sa mère Black Panther, à Pit Baccardi et son Loin de toi, jusqu’à SCH plus récemment, qui a préféré rendre hommage à son père dans Otto. Malgré tout, la figure maternelle conserve une place à part dans le rap. Même le D.U.C s’y était essayé dans le morceau Pitbull.

Les confessions intimes de Disiz dans “Ton ventre”

La composition instrumentale est signée par un trio : Prince Lao, Emmanuel Camy et Théo Philippe. Prince Lao avait déjà collaboré avec Disiz sur le morceau L’Amour, tout comme Emmanuel Camy sur Quarante-cinq. Ce dernier a également produit pour La Fève et Béesau, notamment sur le titre Adieu. Ici, la production est aérée, spatiale, laissant volontairement une impression d’onirisme. Le rappeur nous fait voyager entre souvenirs, rêves et réalité, fusionnant amour maternel et passion amoureuse.

Les vers de Disiz, chargés de subjectivité, s’éloignent des punchlines corrosives qu’il maîtrise pourtant très bien. On se rapproche ici d’une forme de pop alternative, sincère et introspective. Il écrit :

Un homme en secret pleure sa mère
Fruit d’une histoire douce-amère
Sur un quai de RER
D’l’affection, un peu de beuh
On se console comme on peut
J’crois qu’j’vais m’calfeutrer un peu là

Dans le clip, l’artiste commence par « naître » d’une bouche d’égout, clin d’œil à une punchline culte d’Oxmo Puccino dans Le passé reste, extrait de l’album L’Palais de Justice de Freeman :

Uh, uh, uh, uh, uh, j’suis tellement de la rue, p’t’être
J’crois que j’ai accouché par une bouche d’égout

Le clip évolue ensuite dans une atmosphère onirique où se mêlent des images d’engloutissement, de mer, de mère et de femme. Disiz ouvre ici un pan de son imaginaire dans un visuel surréaliste, poétique et intime. Le clip est réalisé par Luana Bajrami et Sandor Funtek. Luana Bajrami a récemment été primée au Festival de Clermont-Ferrand ; elle faisait également partie de l’équipe du film Two People Exchanging Saliva.

ZeZ XXI
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