Le 22 mai 2025, Zamdane dévoile le projet « Rahma » dans les bacs. Ce terme arabe signifie « miséricorde ». Il y a déjà plusieurs années, le rappeur d’origine marocaine pose ses valises à Marseille. Depuis ses premiers balbutiements dans la musique, Zamdane se distingue par une grande facilité d’écriture. Interrogé par La Provence en 2025, à l’occasion de la sortie de « Rahma » et du documentaire consacré à la genèse de l’album, réalisé par Grünt, Zamdane laisse entendre que son écriture est très instinctive. Il explique que l’on ne « choisit pas » de parler d’un sujet. La musique est liée aux émotions : quelques notes de piano ou de guitare suffisent à faire naître l’inspiration et à le conduire vers l’écriture.
C’est sans doute pour cette raison que le storytelling de Zamdane, nourri par sa nostalgie d’exilé, nous transporte à travers ses singles et ses différents projets. Contrairement à la plupart des artistes de sa génération, Zamdane ne nourrit aucun goût pour le luxe. Il ne se contente pas d’exhiber des richesses ou de proclamer qu’il est le meilleur. Ses désillusions, sa poésie, sa nostalgie et sa mélancolie témoignent sans doute de la maturité d’un artiste puissant, arraché par la vie à sa terre natale, comme tant d’autres membres de sa génération. Par ailleurs, l’artiste est engagé auprès d’associations venant en aide aux migrants.
Cependant, une bonne nouvelle est venue accompagner la sortie du projet. « Rahma », qui réunit plusieurs invités prestigieux, parmi lesquels SCH, PLK, La Fève et Solann, a réalisé près de 15 000 ventes dès sa première semaine d’exploitation. Quant à la tournée Rahma, elle affiche complet. Les organisateurs évoquent plus de 200 000 billets vendus. Sans buzz ni coup d’éclat médiatique, Zamdane vient désormais titiller les sommets du rap et de la chanson française. Après tout, comme le dit le poète de Kinshasa (Youssoupha), le rap est aussi une forme de chanson française.
L’artiste réédite ensuite « Rahma » avec trois nouveaux titres, dont « Été solitaire », accompagné d’un nouveau visuel.
Zamdane sort « Été solitaire »
La composition instrumentale est signée Thug Dance, Guapo, Icy, TrunkMeBaby, Jeremy Patry et MelvinGK. Thug Dance avait déjà produit « Dernière pluie » de Zamdane, ainsi que le titre estival de Soso Maness en featuring avec PLK et Naps. Jeremy Patry, également connu sous le nom de JY Prod, avait lui aussi déjà collaboré avec Zamdane, notamment sur « Monstres ». Il a également produit « Gari » pour L’Algérino, Franglish et Alonzo.
L’instrumentale repose sur quelques notes de piano jouées tout en douceur, associées à une rythmique très feutrée aux accents reggaeton. La basse demeure volontairement discrète, laissant toute la place à une véritable ballade, à mi-chemin entre le rap et la chanson française. Zamdane y déploie toute la finesse de sa plume et ses qualités lyriques pour exprimer un profond malaise et quelques déceptions :
« Le ciel est autoritaire, disons que l’enfer est la dernière impasse
C’est ni la couleur ni la forme des plumes qui séparent les anges des rapaces
J’ai enterré un tel et un tel, again and again, mais j’ai pas enterré la hache
Les deux jambes dans un sol marécageux et ma vision floutée par la tache »
L’artiste délaisse les egotrips trempés dans la testostérone et le bûcher des vanités. Il fait le choix de la sincérité, démontrant une nouvelle fois l’étendue de son talent lorsqu’il s’agit de traduire ses émotions en musique.
Le visuel a été réalisé par Axel Chely, alias L’Enfant Soleil. Comme souvent sur les morceaux les plus introspectifs de Zamdane, le clip est tourné en noir et blanc. Filmé entre la cité et la mer — cette dernière symbolisant à la fois l’espoir et le danger —, il accompagne le rappeur dans une errance estivale empreinte de poésie. Le réalisateur avait déjà mis en scène « Putain d’hiver » de Jolagreen23 et signé le montage du teaser annonçant le nouvel album de Gradur ainsi que son Olympia.
