Si la plupart des profanes et des jeunes générations ont découvert L’Algérino grâce à « 13’Organisé », les connaisseurs savent que le rappeur marseillais s’était déjà imposé bien avant. Né à Marseille et d’origine algérienne, L’Algérino est rapidement repéré par Akhenaton, qui le signe sur son label 361 Records au début des années 2000. Contrairement à la plupart de ses homologues marseillais ou parisiens, il choisit très tôt de développer un rap plus ouvert et plus mélodique. À cette époque, le R&B est pratiquement la seule branche du hip-hop à faire la part belle au chant. Peu à peu, les rappeurs vont pourtant s’approprier cette dimension mélodique, comme le résumait Rohff dans « On fait les choses » : « La vague R’n’B, je la ferais mieux chanter dans sa chambre. »
En mêlant pop, raï, rap et influences latines, L’Algérino apparaît aujourd’hui comme l’un des véritables précurseurs de cette évolution. Bien avant que les mélodies ne deviennent la norme dans le rap français, il bâtissait déjà son identité artistique autour de refrains fédérateurs et de morceaux accessibles au grand public. Ce positionnement lui permettra d’ailleurs de connaître un véritable renouveau lorsque le rap mélodique s’imposera durablement. Lors de son passage dans « Légendes Urbaines » en 2021, Juliette Fievet rappelait que l’artiste cumulait déjà plus de 2,4 milliards de vues sur l’ensemble de son répertoire. Au fil des années, il a multiplié les collaborations avec Soprano, SCH, Jul, Fianso, Alonzo, Sinik, Lartiste, Lacrim, Naps, Soolking ou encore Heuss L’Enfoiré, tout en enchaînant les succès avec « Va Bene », « Les Menottes », « Adios », « Si tu savais », « Marrakech Saint-Tropez », « Panama » ou « Les Princes de la Ville ».
Au cours de cette même interview, accordée avant la sortie de son album Moonlight, L’Algérino explique d’ailleurs qu’il n’a pas toujours pu développer sa musique comme il l’aurait souhaité. Selon lui, les artistes étaient alors largement dépendants des radios, qui privilégiaient les singles au détriment des albums. Précurseur des morceaux ouverts et mélodiques, il fait également partie des premiers rappeurs français à subir les effets de cette logique commerciale. Alors que des classiques comme « L’École du micro d’argent » ou « Paris sous les bombes » étaient pensés comme des œuvres cohérentes de bout en bout, une grande partie des projets actuels se présentent davantage comme une succession de singles, à quelques exceptions près.
Habitué à livrer des morceaux fédérateurs, L’Algérino revient aujourd’hui avec « Bottega », en collaboration avec Lynda. Le titre, qui cumule déjà plus d’un million de vues en une semaine d’exploitation, possède tous les ingrédients d’un tube estival. Il pourrait bien s’ajouter à la longue liste des succès qui jalonnent la carrière du rappeur marseillais.
L’Algérino et Lynda dévoilent un sérieux candidat au tube de l’été avec « Bottega »
La production instrumentale est signée Bonkai. Porté par des influences baile funk, le morceau affiche un tempo rapide, une énergie communicative et une efficacité immédiate. Lynda et L’Algérino y alternent les voix dans un duo qui rappelle les grandes réussites de Lartiste, notamment « Chocolat » et « Mafiosa ». Le public apprécie particulièrement ce type de dialogue entre une voix masculine et une voix féminine, une formule qui fonctionne régulièrement lorsqu’il s’agit de créer des tubes estivaux.
Le propos reste volontairement léger. Lynda et L’Algérino chantent l’amour, la fête et les vacances au bord de la mer, sous un soleil éclatant. Comme souvent durant la période estivale, les artistes de musique urbaine privilégient les morceaux festifs aux thèmes plus sombres ou introspectifs.
Le clip a été réalisé par Nono et Zaka La Vista. Tourné en bord de mer, il met en scène une voiture de luxe turquoise, parfaitement assortie à la chemise portée par L’Algérino, tandis que l’artiste prend également les commandes d’un zodiac au fil de plusieurs séquences. Nono s’est notamment illustré derrière les caméras des clips « Mi Amor » de Gims et XVI, « Madame » de Rohff et Lyna Mahyem, « Mehlich » de GLK, ou encore « Blood » de Zeg P et Timar. De son côté, Zaka La Vista est notamment le réalisateur du clip « Un jour, j’aurai » de Jul.
