Alors qu’hier soir on croyait l’affaire presque terminée avec l’absence de mise en examen des policiers, la famille d’Adama Traoré a, une nouvelle fois, redoublé de courage et de determination pour obtenir un rapport médical neutre relançant la thèse de l’asphyxie mécanique provoquée par la violence de l’interpellation.

En effet, le rapport sur lequel se basait les juges d’instruction affirmait que la mort d’Adama Traoré était inéluctable, avançant que son décès était lié à un syndrôme d’asphyxie déclenché par sa course pour échapper aux gendarmes et provoqué par les deux pathologies qui l’affectaient : une sarcoïdose de type 2 et une drépanocytose.

Des conclusions rejetées en bloc par le nouveau rapport présenté par 4 éminents médecins figurant parmi les principaux spécialistes français de ces 2 maladies (et dont l’anonymat est garanti par la loi). Leur contre-expertise affirme que l’asphyxie a probablement été causée par les méthodes d’interpellation musclée de la police et l’état de santé d’Adama ne suffisait pas, à ce stade, à provoquer son décès. Ils vont jusqu’à remettre en cause l’impartialité des auteurs du rapport précédent.

Quoi qu’il en soit, c’est une grande avancée dans l’effort de clarté et de justice autour des conditions de la mort du jeune homme et un outil en plus pour permettre à la justice de faire son travail. Yassine Bouzrou, avocat des parties civiles demande désormais à ce que les policiers soient à nouveau entendus et à ce qu’un reconstitution sur les lieux du drame soient effectuée.