Le monde du rap a été endeuillé en ce début du mois de janvier par la disparition de Calbo, binôme de Lino au sein du groupe Ärsenik. C’est un hommage fort que lui rend son ami Pit Baccardi, au début comme à la fin du morceau Goat, qu’il interprète aux côtés de son frère Dosseh. Pit Baccardi et Calbo sont issus de la même génération. Ils font partie de ces gardiens du temple, ceux qui ont façonné le rap et en ont fait un genre musical aujourd’hui omniprésent, occupant les dix premières places du classement des artistes les plus écoutés sur Spotify.
Oui, le rap a changé, il est devenu musique urbaine. Mais né d’une poignée de passionnés qui l’ont fait vivre dans quelques villes de France, il est devenu, depuis 2019, le genre musical le plus écouté du pays. Pit Baccardi s’est d’ailleurs exprimé sur ce sujet dans une interview accordée à Urbantrackz, lui qui fait le lien entre deux générations.
Avant la sortie de OG, le lien de parenté entre Dosseh et Pit Baccardi n’était pas un secret, mais il n’allait pas de soi pour le grand public. Les deux frères ont signé deux featurings sur ce projet avec Chiffres Romains, puis GOAT. Ce second morceau est entièrement axé sur leur relation fraternelle. C’est un titre émouvant, dans lequel les deux rappeurs se livrent mutuellement leurs pensées, un peu à la manière de Polaroïd Expérience. Un morceau consacré à la famille, à leur famille.
Pit Baccardi et Dosseh sont des GOAT !
La composition instrumentale du titre est signée Nectar.s. Le compositeur avait déjà produit RED BULL SPIRALE #01, un morceau réunissant Pit Baccardi, Dosseh et Lino. Il a également collaboré avec des artistes comme Dundy, Leust ou encore Yerro. La production évoque les sonorités des générations passées, avec un sample de piano en boucle et une rythmique volontairement lente. Les deux frères, fins paroliers, y déploient leur lyrisme tout en conservant leurs identités respectives :
Pour Pit Baccardi :
« 20-26 j’viens les charcler, les encercler
Je crois qu’il n’y a rien de pire qu’être un bon rappeur sans percer,
si ce n’est peut-être être un homme sans dignité, sans fierté. »
Dosseh, toujours aussi impertinent :
« Entre le bien et le mal il n’y a qu’un pas, donc j’ai dû faire un choix.
Pourtant j’avais vu Scarface et L’Impasse,
putain c’est dingue comme le temps passe.
L’époque où on smatchait ces négros comme Pete Sampras. »
Le visuel est signé Tamara El Attar et Victor Grenu. Il réunit les deux frères et se conclut par un tableau final consacré à leur famille. Tamara El Attar a également réalisé Seul de Pit Baccardi et Tant pis de Rim’K. Victor Grenu a, lui aussi, participé à la réalisation de Seul.
