Djadja & Dinaz ont dévoilé le projet “Terminal 7” en 2025. Suite logique d’une longue série de projets, l’album a enregistré près de 22 000 ventes dès sa première semaine d’exploitation avant d’être certifié disque de platine quelques mois plus tard. Bien loin désormais l’époque où les deux artistes originaires de Meaux faisaient face à des problèmes judiciaires pour avoir utilisé de vraies armes dans certains de leurs clips. Invités chez Fred Musa afin de défendre leur projet dans “Planète Rap”, les deux rappeurs ont également laissé entendre qu’ils n’avaient jamais réellement envisagé une séparation.
À l’exception de PNL, nombreux sont pourtant les groupes de rap français à avoir connu des ruptures ou des trajectoires individuelles, comme la Sexion d’Assaut, MMZ, 13 Block et bien d’autres encore. Mais aucune carrière solo ne semble à l’ordre du jour pour ce duo inséparable qui avait baptisé son tout premier projet “On s’promet”. Une promesse qu’ils semblent aujourd’hui encore honorer.
Les deux artistes viennent tout juste de dévoiler un nouveau single intitulé “À qui la faute”. Mélancolique, aérien et légèrement planant, le morceau rappelle l’une des grandes forces du duo : sa capacité à naviguer entre un rap brut et frontal et des morceaux plus mélodiques, parfois presque contemplatifs. Une polyvalence artistique qui explique probablement leur longévité dans le paysage du rap français.
Djadja & Dinaz se demandent alors : “À qui la faute ?”
Sur Spotify, la composition instrumentale est créditée à Cemo44. La production, volontairement lente et vaporeuse, accompagne parfaitement les thèmes abordés par les deux artistes. Sans tomber dans un optimisme forcé, les rappeurs évoquent leur vécu avec une lucidité constante sur la réalité du ghetto, loin de tout triomphalisme excessif. Comme souvent chez eux, les lyrics se veulent réfléchis et introspectifs :
“C’est la jungle y’a les braves y’a les buffles, je voulais pas faire la guerre mais j’ai dû, ça sert à rien de causer, posé je médite”
“Ils sont remplis de vices je les ai vus, j’ai pris mes distances, petit frère tu grandis vite fais gaffe à ce qui se passe”
Le morceau ressemble finalement à une forme de manuel mélancolique et lucide destiné à tous ceux qui seraient tentés d’emprunter les mêmes chemins difficiles. Quant au visuel du clip, particulièrement soigné, il a été tourné en Colombie, sur les terres associées à la Madrina et à Pablo Escobar, du côté de Medellín. La réalisation est signée 10 Creation, collectif qui avait déjà collaboré avec le duo sur “Tu sais” et “Les Bases”, mais également avec Benab sur “À jamais” ou encore GLK sur “100 Pas”.
