Au moment où la vague drill française atteint son apogée, Ziak surgit avec le projet « Akimbo ». Certifié disque d’or en seulement quelques jours, porté par un unique featuring avec Maes, le rappeur s’impose immédiatement comme l’un des visages majeurs de la drill hexagonale, aux côtés de collectifs et artistes comme Lyonzon, le 667 ou encore Gazo.
Là où certains artistes drill ont progressivement orienté leur musique vers des sonorités plus mainstream, Ziak, lui, a surtout démontré sa capacité à faire évoluer son univers sans jamais trahir l’essence même de sa musique. Sa créativité dépasse largement le simple effet de mode lié à un genre ou à une époque.
Avec « Essonne History X », l’artiste — qui reprend ici le titre d’un film culte des années 2000 — transforme autant son identité musicale que sa direction visuelle. Depuis ses débuts avec « Akimbo », puis « Chrome », Ziak développe une esthétique immédiatement reconnaissable. Sur « Akimbo », certaines productions sont traversées par des influences orientales tandis que les visuels plongent dans des univers sombres, métalliques et oppressants. L’artiste masqué accorde d’ailleurs une importance essentielle à l’image, devenue une composante centrale de son œuvre.
Avec « Essonne History X », la direction artistique devient encore plus minimaliste et subversive. Certains clips reposent parfois uniquement sur un plan fixe mettant en scène un objet en mouvement. Les instrumentales, elles aussi, évoluent vers une palette plus large tout en restant profondément ancrées dans la drill. Plus qu’une simple évolution esthétique, Ziak transforme sa drill sans jamais en abandonner l’ADN.
Ziak annonce désormais la sortie de son nouveau projet « Hard », prévue pour le 29 janvier 2027. L’artiste vient d’en dévoiler un premier extrait avec « Catwalk ». Si l’univers reste noir, violent et profondément esthétique, le rappeur semble amorcer une nouvelle mutation artistique dans la continuité directe de « Essonne History X ».
Ziak annonce son projet « Hard » avec « Catwalk » !
La composition instrumentale du morceau est signée par Rosaliedu38. Le producteur avait déjà collaboré avec Ziak sur l’album « Essonne History X », notamment sur le titre « La Tombe de Marley ». Plus récemment, il a également produit le featuring entre Limsa d’Aulnay et Rim’K sur « Enfants perdus ».
La production de « Catwalk » reste totalement drill : rapide, sombre et particulièrement percutante. Sur cette instrumentale nerveuse, Ziak enchaîne les références et les punchlines dans un véritable déferlement d’énergie :
« J’reviens des profondeurs, et j’voyais pas d’Submariner
Ma grand-mère savait ni lire ni écrire, j’suis auteur
Et au restau’, j’suis en hauteur, tu veux la mâche, y a l’bosseur »
Le visuel du morceau a été réalisé par Cyril Gaborit. Le réalisateur reprend les grands codes esthétiques de l’univers de Ziak, notamment cette noirceur permanente et cette sensation d’obscurité presque suffocante. Mais il s’inspire également de son propre travail, en particulier du court-métrage « L’Approche ». D’ailleurs, le personnage principal de ce film apparaît dès l’introduction du clip de Ziak.
Le clip semble aussi fortement influencé par l’univers de David Lynch, notamment par les séquences surréalistes de « Mulholland Drive » et de « Twin Peaks ». Cyril Gaborit n’est pas simplement un réalisateur de clips : c’est avant tout un artiste vidéaste dont l’approche présente plusieurs similitudes avec celle de Ziak. La photographie du visuel affiche un grain extrêmement chargé, donnant naissance à un tableau sombre, presque funèbre, parfaitement cohérent avec l’univers du rappeur.
