Abd Al Malik dévoile le film Furcy, Né libre. Après Qu’Allah bénisse la France, qui retrace son parcours personnel, le rappeur-réalisateur est de retour avec Furcy, Né libre. Le film raconte l’histoire d’un esclave qui cherche à obtenir son affranchissement, sa liberté, par la voie judiciaire, après avoir découvert une faille juridique dans son asservissement. En interview, Abd Al Malik laisse entendre que l’histoire de Furcy fait écho à la sienne. Le rappeur considère que Furcy a trouvé la connaissance et le savoir pour les utiliser contre ses maîtres.
Comme la plupart des rappeurs conscients de son époque, l’artiste défend l’idée que « le savoir est une arme » (Kery James), faisant écho à une rhétorique largement répandue dans une acception tolérante de l’islam : « L’encre de l’érudit est plus sacrée que le sang du martyr » (Psy4 de la Rime).
Si l’artiste réunit la crème du cinéma pour un projet engagé et militant, il reste avant tout rappeur, et a convié tout le rap qu’il aime sur la bande originale de Furcy Heritage. On y retrouve notamment Oxmo Puccino, Wallen, Soprano, Juste Shani, Kulturr, Pit Baccardi, Lino (Arsenik), Youssoupha, Passi, Mac Tyer, Neg Marron, Sams, Benjamin Epps, Tommy Bugsy, Samoa et Indigo.
La nouvelle et l’ancienne garde du rap français cohabitent magnifiquement dans ce projet qui rend hommage au « Noble Art » (IAM) qu’est le rap, que certains considèrent aujourd’hui comme la nouvelle chanson française (Youssoupha).
L’artiste vient de dévoiler un titre en compagnie de Mattéo Falkone, qui l’accompagne tout au long du projet, et de Wallen. La choriste et chanteuse a accompagné les rappeurs pendant toute une génération, avant d’être peu à peu remplacée par l’autotune. Aujourd’hui, il est bien plus économique pour les rappeurs de la nouvelle génération d’avoir recours au vocoder pour apporter un peu de mélodie à des couplets chargés de testostérone et de punchlines, déversées sur le bûcher des injustices.
AMF et Wallen lancent une alerte avec Si tu savais !
La composition instrumentale du titre est signée Bilal Al Aswad. Le compositeur a collaboré avec Abd Al Malik sur l’ensemble des morceaux composant la bande originale de Furcy. Membre de N.A.P., le premier groupe d’Abd Al Malik, Bilal Al Aswad a marqué la scène strasbourgeoise des années 90, pour laquelle il composait déjà des instrumentaux.
La composition est le fruit d’un véritable métissage, mêlant une rythmique douce et entraînante à quelques notes de piano. Mattéo Falkone, Abd Al Malik et Wallen portent ensemble un message positif. À noter que le refrain rend hommage à Johnny Hallyday et à son titre Marie.
« On ne cherche pas la vengeance mais à briser le cercle de la violence »
« La vérité prime, ils veulent en faire un crime »
« Je ne suis qu’un homme qui cherche à briser ses chaînes »
« Dans justice, il y a justesse, n’est-ce pas ? »
Dans le visuel réalisé par Fabien Coste, on suit les artistes sans vixens, sans voitures de luxe et sans égotrip visuel, dans leur ville à taille humaine. Fabien Coste a collaboré à de nombreuses reprises avec Abd Al Malik, notamment sur Ce monde, ma muse 1.0 et Trace de lumière. Il a également travaillé avec Idir.
