En 2024, Rohff dévoile l’opus Fitna avec des featurings de Lino, Le Rat Luciano, Lyna Mahyem, Intouchable, AP du 113, ou encore Big Ali et Chil-P. C’est une belle liste de collaborations avec aussi des collègues de la Mafia K1 Fry et des monuments du rap comme Le Rat Luciano ou Lino. L’opus finit sur le titre-choc Fitna, aussi long que son classique Regretté, dans lequel le cauchemar du rap français se dresse contre les injustices et les excès de la société. La Fitna désigne la guerre intérieure à l’Islam. En première semaine d’exploitation, l’opus s’est écoulé à 4 000 exemplaires selon la SNEP. Mais Rohff n’a mis en place aucune promotion pour la sortie de son opus.
Sur Instagram, alors qu’il s’adonne à un jeu de questions/réponses avec ses fans, il explique qu’il ne veut plus concéder d’interview car : ça ne m’intéresse même plus de rétablir des vérités et Vous savez pourquoi ? Ça ne m’empêche pas de vivre. L’essentiel c’est d’être bien dans sa peau et de bien s’occuper des siens et avancer. Il déclare aussi ne pas être en manque de reconnaissance et ainsi ne pas avoir besoin de plus de lumière. J’en ai assez eu. L’artiste du 94 dévoile le titre Noirarabe sur une thématique qui lui tient à cœur.
Rohff lance un hymne à l’union Noirabe !
En 2015, un influenceur lyonnais appelé Bassem fait son buzz en lançant des messages de division entre les communautés afro-françaises et les Français d’origine maghrébine. Sur les réseaux, l’influenceur est porté par une forme de vague raciste avec des fans qui entrent parfois dans les pires caricatures (comme la beurette). En 2013, Médine et Youssoupha résumaient déjà ce racisme entre ces deux communautés dans le titre Blockkk Identitaire. En se mettant dans la peau de deux racistes, Médine et Youssoupha exposaient les pauvres arguments de ceux qui aiment diviser. À l’heure où la polémique Bassem enfle sur les réseaux sociaux entre 2015 et 2016, Rohff sort le titre My Nigga My Rebeu qui vient apaiser les tensions entre communautés. C’est un thème cher au rappeur, tandis que son album Fitna évoque déjà les divisions jusque dans son intitulé.
Le rappeur revient sur la question avec le titre Noirabe. La composition instrumentale du morceau est signée par Meissa et Flux Cartel. On retrouve le beatmaker Meissa sur certains titres de Big Ben, dont Médaille, Venom et Dénigrer. Rohff, qui n’a plus rien à prouver à personne, ne suit pas les tendances avec cette instru qui possède un côté solennel dans sa rythmique. L’artiste de Vitry-sur-Seine délivre un message de paix entre communautés, un message qui lui tient à cœur :
L’union fait la force mais les Bassem veulent la diviser (oh)
On r’partira sur des bases sainesou encore
Comme si mon fils devait choisir
Entre sa mère et son père (braaaaah)
Fuck la haine raciale d’un côté comme de l’autre
Ils s’clochardisent l’esprit
J’enrichis les cœurs des nôtres
L’artiste lance aussi un message de soutien à Rima Hassan, qui lui a répondu sur Twitter :
Au pied du mur comme Rima
J’écris Free Palestine et fier
Et pour l’anecdote, il rend hommage au PSG, à qui il avait déjà dédié le titre Paris :
Des rafales de claques (Pa-ris)
Même absent j’retourne le Parc (Parc)
Jésus reviendra
Dans le visuel signé par Phenix for Artist, l’artiste mêle des images d’archives à son présent à Vitry, en présence de OGB aka Samir Salah. Le membre de la Mafia K1 Fry vient par ailleurs de sortir le livre Je suis venu me dire. Phenix for Artist a capturé le passage des Triangles des Bermudes à Yardland.
